Blocher, Chagaev et nous

 

L’ article ci-dessous a été publié dans le journal L’Express-L’Impartial, Neuchâtel, le 2 septembre 2015, sous le titre « Chagaev, Blocher et nous »,  et écrit par Patrick Vincent, professeur de littérature anglaise et américaine à l’université de Neuchâtel

 

« En mai 2011, à l’arrivée d’un nouveau voisin à la Maladière que la presse qualifiait poliment de « sulfureux », un petit groupe de professeurs, d’étudiants et d’autres utopistes hirsutes s’est réuni aux jeunes-Rives pour manifester son indignation et son inquiétude à voir la réputation de Neuchâtel être ternie. Vilipendée dans quelques blogs et au café du commerce, leur action un peu gauche (et un peu de gauche) est heureusement passée inaperçue. Huit mois plus tard, ce même voisin est parti en catimini, laissant derrière lui un club en faillite, un canton traumatisé, et beaucoup de factures impayées.

S’il vaut mieux oublier cette saga grotesque, il faut néanmoins savoir que le 14 septembre prochain viendra aux jeunes Rives un personnage bien plus sulfureux et dont la saga ne cesse de nous hanter depuis quinze ans. Cet homme a nui à la réputation non pas d’un canton, mais de tout un pays.

Se présentant sous les fausses couleurs de Tell en sauveur de la patrie, il n’a  fait que mimer le comportement agressif de tous les chefs de partis extrémistes en Europe, que ce soit au présent ou dans le passé. Mettant à mal l’idéal de la Suisse, terre d’asile, il a lancé des initiatives xénophobes et mené tambour battant des campagnes racistes afin d’accroître son pouvoir. Peu enclin au consensus, il a pourri notre climat politique avec des discours enflammés et démagogues, attisant les divisions et rendant monnaie courante l’intolérance et les propos violents. Obnubilé par une représentation historiquement fallacieuse du Sonderfall, il a nui à la compétitivité de notre économie et de notre recherche scientifique, tout en compromettant l’avenir de nos jeunes. Petite ironie de l’histoire, sa conférence se tiendra dans une aula universitaire le soir même de la reprise des cours. C’est un milieu que ses acolytes de parti cherchent à tout prix à voir disparaître, criant aux quatre vents que les études ne servent à rien, ceci malgré le fait que la Suisse soit première au monde dans le placement professionnel de ses diplômés et n’ait pour seule matière première que l’intelligence. Autre ironie, son public sera en partie le même qui a accueilli en sauveur le mécène tchétchène, préférant se voiler la face plutôt que de réfléchir de manière critique aux propos politiquement inacceptables de ce dernier ou à l’origine douteuse de ses fonds. Bulat Chagaev a cherché à dissimuler ses activité, à accroître sa popularité, et à flatter son ego en détournant les mythes chers aux Neuchâtelois. Christoph Blocher a fait de même avec nos mythes nationaux.

L’histoire ayant une fâcheuse tendance à se répéter, on peut imaginer qu’un autre groupe d’irréductibles voudra aller manifester sa colère aux Jeunes Rives le 14 septembre prochain, et on les comprend.

Nous invitons donc toutes celles et ceux qui partagent notre indignation face à celui qui a piraté notre identité suisse et mis en péril l’avenir de nos enfants à ne pas lui accorder ce privilège. Pour une fois, exauçons le souhait de l’UDC et transformons la faculté des Jeunes-Rives en désert. »

Patrick Vincent, professeur de littérature anglaise et américaine à l’université de Neuchâtel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 commentaires

  1. Il faut faire comme nous à l’époque avec les profs gauchistes. Des batailles d’apéricubes pendant les cours en ayant pris soin au préalable d’enlever de papier d’aluminium qui est autour. Les profs s’en prenaient dans le veston ou dans la figure.

  2. Indigeste !!!
    Tout comme l’université de Neuchâtel qui devient une vraie poubelle des pseudo-penseurs du XXème siècle (Peillon, Vincent & co)

  3. Ce minable est largement surpayé par nos impôts pour distillé sa propagande.
    Il devrait être viré séance tenante.
    J’espère également, qu’avec de tels articles, l’érosion des lecteurs de l’Express-L’Impartial prendra l’ascenseur.
    Comment peut-on encore être abonné et soutenir de pareils torchons anti-démocratique.
    Ce « prof » est le parfait bobo-gauchiste caviar donneur de leçons qui m’insupporte.

  4. Un autre Vincent (David) a vu les envahisseurs et s’est battu contre eux. Certes, c’étaient de extraterrestres et c’était une fiction TV. Mais ce Vincent-là est-il prêt à se battre contre les envahisseurs (des humains cette fois, et ce n’est pas une fiction) qui arrivent en Europe par milliers (bientôt des millions ?) ?

    Ce charlot a trouvé la voie pour se la couler douce sa vie durant (franchement, prof de littérature anglaise et américaine, ça existe ?), tant mieux pour lui. Mais qu’il ne vienne pas me parler de la vie future de mes enfants. Parce que perso, à choisir entre l’angélisme de gauche et le réalisme de droite, mon choix est très très vite fait.

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