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Wokisme dans les écoles d’art

8 mars 2023 · En prime, Lesobservateurs, Médias, Politique, Société

Quand les étudiants français déboulonnent Godard, Koltès ou Tchekhov

letemps.ch – Accusées de sexisme ou de postcolonialisme, dans les écoles d’art, de cinéma et de théâtre en France, les icônes d’hier sont aujourd’hui «déconstruites» et la parole des enseignants est remise en question. Mais aussi en Suisse, par exemple à la HEAD, à Genève

Michel Piccoli et Brigitte Bardot dans «Le Mépris» de Godard (1963): film longtemps adulé et aujourd’hui indésirable aux yeux de toute une frange de la jeune génération estudiantine. — © IMDb
Laurent Carpentier et Aureliano Tonet (Le Monde) – mardi 28 février 2023
Lundi 5 décembre 2022, à la Fémis, la grande école parisienne de cinéma, Nicole Brenez tient un cours sur l’art et la manière de conclure un film. La directrice du département Analyse et culture cinématographique projette la fin de Sombre (1998), de Philippe Grandrieux: un féminicide, analyse-t-elle, après avoir averti que l’extrait contenait des images violentes. […]
article complet réservé aux abonnés: https://www.letemps.ch/societe/etudiants-francais-deboulonnent-godard-koltes-tchekhov

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Résumé: Toutes les écoles d’art sont concernées. Le Temps consacre deux pages dans son numéro du 1er mars 2023 à l’étendue des ravages du wokisme, en France comme en Suisse. Par exemple à la HEAD, à Genève. Un film de Godard, considéré auparavant comme un grand classique, est conspué par les féministes, regroupées en associations, qui mettent les profs sur le gril. Dans le film en question, « Le Mépris », la scène culte « Tu aimes mes pieds? Tu aimes mes… » fait enrager les élèves wokes, qui débranchent les projecteurs. Voici cette scène jugée trop sexiste actuellement par la jeunesse woke, alors que la génération de mai 68 revendiquait la victoire sur le puritanisme de ses aïeux:

Nos écoles de cinéma, comme nos écoles de journalisme, comme nos facultés de sciences humaines, sont partout gravement infestées par ces délires wokistes et produisent toute une génération idéologiquement et intellectuellement abrutie.
Tous ces diplômés en politiquement correct ne pourront rien produire qui rapporte à la collectivité quelque chose de positif, ou ne serait-ce que divertissant, et ils auront besoin de l’argent des contribuables pour exercer leur dégénérescence. La génération woke est une génération stérile, qui s’autocastre de toutes parts, pour servir une idéologie suicidaire, sans réaliser qu’elle creuse sa propre tombe. 

L’article cite d’autres profs qui ont plus de peine à s’adapter au wokisme. Un de ces malheureux a diffusé un extrait du film Lucebert, temps et adieux (1994), dans lequel l’un des Rois mages, Balthazar, a le visage peint. Une étudiante Noire a jugé la scène négrophobe, et après s’être roulée sur sa table, est allée se plaindre du prof à l’administration pour diffusion d’images racistes. Des licenciements arrivent pour moins que cela: le pouvoir des étudiants est énorme, l’esprit de l’Université Evergreen plane partout.
Emma, en cinquième année d’études en médiation culturelle (!), jubile de la « disparition » d’un prof, après que des élèves se sont plaints à la direction de ses propos « sexistes et racistes ».

La lutte contre les discriminations doit passer avant et au-dessus de tout, c’est pourquoi depuis quatre ans il existe à la HEAD un « Déléguéx » à l’inclusivité, qui est transgenre, le x désignant le non-genré.
Voici sa bio sur le site de l’université:

« Unx poetx et chercheurx en art contemporain diploméx d’un master de l’Université de Lausanne en anglais avec spécialisation en New American Studies et en histoire de l’art. »

 

Les théories critiques de la race, les militants LGBT, féministes, environnementalistes, animalistes, musellent partout dans les écoles d’art la liberté académique.
Le lexique woke est expliqué dans l’article: nous apprenons ce que sont un « trigger warning », une « safe place », etc. Beaucoup de professeurs ont été « formés » aux USA avant leur carrière académique en Suisse, et ceux-là trouvent bien normal que la cancel culture gagne la Suisse ou la France.

Le professeur de dessin aux Beaux-Arts de Cergy, Jean-Luc Verna : « Mes collègues blancs, hétéros, de plus de 50 ans rasent les murs ».

Un prof de philo, qui préfère rester anonyme: « Le vrai risque derrière tout ça, c’est l’autocensure. »

Tzvetan Todorov: avant la chute du Rideau de fer, les intellectuels bulgares s’étaient rués sur le structuralisme parce que le sujet était neutre.

Sylvain Lizon, directeur d’une école d’art à Nice relativise: « Une génération nouvelle s’affirme en rupture: c’est un mécanisme assez classique »

D’autres professeurs, au risque de leur propre déconstruction, relativisent également, positivent même la belle jeunesse déconstructionniste, car la nouvelle génération a un désir de justice, comme la génération de mai 68 voulait en finir avec le puritanisme. 

Il faut être spécialement corrompu d’esprit pour trouver dans l’idéologie woke une recherche de justice, trouver légitime la déconstruction de notre civilisation, le mépris de nos racines et la haine du Blanc. 
Nous pouvons également conclure que tout ce dont la Gauche a accouché depuis mai 68 jusqu’à nos jours est un échec total!

Carla Montet

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