Dans le sillage des témoignages contre l’islamologue révélés par la Tribune de Genève, une nouvelle femme s’estimant victime a décidé de rompre le silence, […]

[…] Comment Tariq Ramadan, ce leader en devenir, qui prêchait déjà une morale rigoureuse et condamnait l’adultère, s’accordait un comportement licencieux. Un grand écart surprenant pour un intellectuel musulman qui élaborait déjà sa pensée autour de la morale et de ses préceptes religieux. Sa parole est bue aujourd’hui par des millions de musulmans – il a plus d’un million de followers sur Twitter et deux millions sur Facebook. […]

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«Il me proposait son soutien, son écoute»

Collège de Saussure, début des années 90. […] Tariq Ramadan est un enseignant charismatique, intelligent, subtil, engagé. Si engagé qu’il «déborde du cadre», dit-elle. […] Le professeur invite aussi ses étudiants au restaurant, s’intéresse à leur personnalité, à leurs aspirations et probablement à leurs lignes de faille. «J’étais à cette époque rongée de doutes et je bénéficiais de peu de soutien familial, raconte Delphine. Très fin, Tariq Ramadan comprenait qui j’étais. Il me proposait son soutien, son écoute, pour m’aider à trouver ma voie.»

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S’ensuivent quatre ans de relation cauchemardesque, même si Delphine n’a subi ni viol, ni contrainte sexuelle. La jeune femme développe des troubles alimentaires, entreprend des thérapies, se sent perdue. Dans son désert, elle voit fréquemment Tariq Ramadan, malgré le malaise qu’il lui cause. Il débarque chez elle à l’improviste, occupe une place dans sa vie affective et psychique. Elle pense à se convertir, […] Et, toujours, des relations intimes qu’elle ne parvient pas à refuser. «Je crois qu’il détectait la fragilité chez certaines élèves, estime Delphine. Tout en me valorisant, il critiquait toutes mes relations, me disait de me méfier de telle ou telle personne et de lui faire confiance. Si bien que je me suis isolée.»

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Son psychiatre invoque «un abus psychologique grave»

[…] A mon sens, il y a eu abus psychologique grave de personne fragile.» N’était-elle pas librement consentante? «Oui, mais son besoin d’affection était tel qu’elle ne pouvait s’en départir. […]

Lorsque Delphine parvient enfin à rompre, elle est une femme brisée. Cinq ans plus tard, alors qu’elle s’apprête à se marier, elle s’ouvre à un prêtre catholique de cette blessure encore vive. Celui-ci s’en souvient bien: «Son témoignage était d’autant plus authentique que rien ne l’obligeait à me le confier. Elle ne nourrissait ni vengeance, ni idéologie. J’ai vu une femme fine, sensible, dont un homme a profité de la naïveté et de son admiration pour lui.»

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D’autres élèves quittent le collège

Si, au fil des témoignages recueillis ou rapportés, on a l’impression que Tariq Ramadan exerçait d’abord un puissant ascendant moral, Sophie (prénom d’emprunt), elle, a su y échapper. A 16 ans, elle décide tout bonnement de quitter le collège: […]

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«Son rapport narcissique aux jeunes filles, je ne supportais pas»

Nous l’appellerons Hélène. […] Et puis lors d’une deuxième rencontre, il m’a dit des choses bizarres. Je lui ai rétorqué qu’il devait avoir des problèmes avec son épouse. Alors, il s’est mis à pleurer, vraiment. […]

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Il y a celles qui partent et celles qui restent. Car si l’âge est propice à la rébellion, il l’est tout autant à l’exaltation. Le Temps a retrouvé une copie d’un exemplaire du petit journal Chrysalide, …
[…] Mais peut-être surtout m’a-t-il appris tout ce qui doit rester tu, en toute humilité. Il m’accompagne et, toujours, il sait avoir cette exigence de l’être, avec la douceur du geste. A Tariq Ramadan.»

«Ces histoires ne peuvent être classées dans le libertinage»

[…] Certains ont cru qu’il était le tenant d’un islam ouvert, réformiste, pacifique, citoyen.

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[…] «Il exerçait une fascination de gourou. Il n’avait pas besoin de forcer les portes.» Vingt ans plus tard, ce sont ces femmes qui les ouvrent […]

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Le récit atroce des victimes de viol présumées de Tariq Ramadan

[…] L’écrivain Henda Ayari, une ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque, fut la première a déposer plainte contre Tariq Ramadan, le 20 octobre dernier. Sept jours plus tard, c’est au tour d’une deuxième femme, de prendre la parole. Aujourd’hui âgée de 45 ans, elle préfère garder l’anonymat, mais le journal Le Monde a vérifié son identité (et pris connaissance de son témoignage).

Comme pour Henda Ayari, c’est dans une chambre d’hôtel, à l’Hilton de Lyon où Tariq Ramadan était descendu pour une conférence, qu’a eu lieu l’agression. Cette Française convertie à l’islam ne peut pas imaginer ce qui l’attend, elle qui a entamé une correspondance avec l’islamologue pour lui demander conseil. La porte à peine refermée,Tariq Ramadan se jette sur la jeune femme qui porte une attelle à la jambe droite et marche avec des béquilles. « Il a donné un coup de pied dans mes béquilles et s’est jeté sur moi en disant: “Toi, tu m’as fait attendre, tu vas prendre cher !” »

Une pluie de coups s’abat alors sur elle: gifles au visage, aux bras, aux seins et coups de poing dans le ventre. « Fellation et sodomie imposées de force, nouveaux coups, nouveau viol » rapporte Le Monde. « J’ai hurlé de douleur en criant stop ! », raconte la seconde plaignante, qui affirme que Tariq Ramadan la viole à nouveau, avec un objet cette fois. « Plus je hurlais et plus il tapait. Il m’a traînée par les cheveux dans toute la chambre pour m’amener dans la baignoire de la salle de bain pour m’uriner dessus « , ajoute-t-elle.

La jeune femme, qui a fourni des certificats médicaux établis à l’époque des faits, ne parvient à s’enfuir qu’au petit matin. Mais Tariq Ramadan ne la lâche pas. Il la harcèle ensuite de SMS « comme si nous avions passé une super nuit d’amour romantique et tendre ». Son calvaire s’éternise. Des hommes la suivent dans la rue, et l’un d’eux la menace même de mort. Elle ne serait pas la seule dans ce cas. Son avocat, Eric Morain, tente de convaincre cinq autres femmes de témoigner, voire de déposer plainte à leur tour pour des faits de viols ou d’agression sexuelle. […] Tariq Ramadan crie quant à lui « au complot sioniste international » […]

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Un exemple concernant le syndrome de Stockholm