Moutier : Rester ou partir? Qui trop embrase…mal éteint

Moutier : rester ou partir. Qui trop embrase…mal éteint

 

Les habitants de la Ville de Moutier vont démocratiquement se prononcer sur leur appartenance cantonale. Rester avec un grand canton bilingue,  un statut de minorité privilégiée et des compensations  de représentation politique ou adhérer au Canton du Jura qui lui, promet presque monts et merveilles si elle franchit le pas vers un avenir annoncé lumineux. La population choisira selon son idéal, ses intérêts à court et à long terme. Objectivement, il n’y a guère de différence entre le statu quo et l’avenir annoncé radieux et jurassien. La gestion libérale de l’Hôpital de Moutier est-elle plus souple et de meilleure qualité qu’à Delémont l’étatiste ? Peut-être. Choisit-on une appartenance cantonale en fonction de sa prime d’assurance maladie, du prix du permis de pêche ? On peut en douter. Qu’il faille faire des sacrifices annoncés en fonction d’un idéal souverainiste me semblerait plus crédible et honnête comme programme. Plus facile à comprendre qu’un inventaire de boutiquiers ou les calculettes de politiciens qui vous vantent les redécoupages annoncés juteux, à court terme, de la péréquation financière. Les promesses de la classe politique jurassienne pourraient sous-estimer l’impact financier, psychologique, administratif de l’opération d’inclusion volontaire. Sont-elles téméraires ?  On sait que les cantons périphériques sont de plus en plus à la peine et que la souveraineté cantonale est  dépassée par l’évolution des besoins hospitaliers, des coûts croissants des primes maladies, des coûts de l’asile. L’intégration au Jura permettra-t-elle de mettre en place un modèle plus démocratique, la liberté d’expression et d’opinion sera-t-elle plus grande, l’économie de proximité plus dynamique ? La représentativité des partis sera-t-elle plus équitable ? On peut l’espérer, tout en souhaitant que le martelage assourdissant d’arguments, le barrage d’artillerie de comparaisons et d’études euphoriques laissera plus tard la place au respect des perdants, une vraie politique de réconciliation qui s’était bien mise en place jusqu’au retour de tentations de l’arrogance de politiciens qui ont, dans les deux camps, surtout servi leurs intérêts dans ce qui a été leur fonds de commerce et leur autojustification depuis des décennies. Que feront-ils quand la question aura été réglée ?

 

Dominique Baettig, 6 juin 2017

 

5 commentaires

  1. @martina
    Le canton de berne est plus avantageux Ah bon vous avez vécue sous la tutelle bernoise ? certainement moi oui ,vous n’avez pas passé les moments de lutte que nous anciens avons passé alors vos remarques chère Madame il faut vous les garder et étudiez la question jurassienne
    Vive Moutier Libre

  2. N’étant qu’une observatrice « lointaine et proche » qui plus est Romande, je me dois de constater que le choix du canton de Berne est le plus « avantageux ». En effet, se retrouver dans un canton périphérique comme écrit ci-dessus dont le gouvernement (pas la population) a une fâcheuse tendance à se comporter de manière « bolchévique » me paraît être un suicide collectif. Chers amis Jurassiens, j’aime votre région, comme celle de Berne et sachez que je n’ai absolument rien après vous, au contraire.

  3. Je ne sais pas si le Canton du Jura est en train de promettre la lune à Moutier ou si c’est du concret. Toutefois, en tant qu’habitant d’un Pays de Vaud ayant été colonisé durant 262 ans par des Bernois qui n’y ont pas développé grand chose pendant cette longue période, je pense que les habitants de Moutier devront écouter avant tout leur cœur. Peut-on mettre en balance un sentiment d’appartenance ou identitaire séculaire, avec le « bien-être économique et matériel » dont la conjoncture peut d’ailleurs très vite se retourner ? Le canton de Berne peut-il empêcher toutes les délocalisations d’industries du Jura Bernois ? Les Jurassiens que j’ai eu connu sont loin d’être des bras cassés et je pense qu’ils ont à cœur de développer leur canton. Combien de Jurassiens hautement compétents (Prof. René Prêtre, Charles Kleiber et bien d’autres) auront contribué à renforcer le reste de la Suisse, peut-être notamment par manque de perspectives professionnelles dans leur canton d’origine, et donc aussi au détriment de ce dernier ? Une autoroute Transjurassienne désenclavant le canton, une ligne de TGV pas très loin (Delle) et un campus HES à Delémont flambant neuf montrent à mon avis que le Jura a une certaine ambition et un potentiel à développer. A l’échelle d’un canton d’environ 70-80’000 âmes, une ville comme Moutier pourrait venir le renforcer de manière non négligeable. Enfin, ce sera à eux d’en décider…

  4. La Suisse se meurt et on perd notre temps à savoir si on est plus jurassien ou bernois. Le mal s’est implanté dans ce pays et en europe car nous ne sommes pas assez unis : la gauche contre la droite, citadins contre campagnards, suisse romands contre suisse allemands,…etc.

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