Retrouvez tous nos articles sur ce sujet très débattu dans notre dossier: Les aides aux médias face au peuple

Aujourd’hui, je travaille pour un magazine spécialisé sur les questions de sécurité – domaine auquel j’ai décidé de me consacrer par conviction. Je suis en parfaite adéquation avec la ligne éditoriale car elle affiche clairement la couleur. Avant cela, j’ai exercé dix ans entre radio, télévision et presse écrite, avant de choisir de changer d’orientation car je ne me reconnaissais plus dans certains dogmes de la profession. Si on se questionne vraiment sur ce qui se passe en coulisse, on se rend compte que les turbulences vécues par les journalistes sont surtout dues à une offre qui ne répond plus à la demande. […] je reconnais que la presse est en crise, mais j’ose affirmer que l’étatisation d’un problème n’est pas la solution.

[…] en tant que vice-présidente du comité romand NON aux médias contrôlés, afin de sauvegarder la crédibilité des journaux suisses en tant que contre-pouvoir. […]

Journalistes instrumentalisés

Dans cette campagne, les journalistes sont instrumentalisés. On nous parle des difficultés économiques des éditeurs et de l’importance de cette manne financière pour conserver les emplois. Mais à aucun moment ils ne se sont engagés à ne pas licencier en cas d’acceptation de la loi. D’ailleurs la plupart des titres sont entre les mains de grands groupes de presse qui font des millions de bénéfices. […]

Le public est fatigué que les médias tentent de lui imposer quoi penser

[…] l’émission Infrarouge qui traitait du sujet le 19 janvier. Pourtant j’étais là, mais je ne défendais pas le bon camp […] C’est cette pensée unique qui tue mon métier, pas le manque de soutien étatique.

Le public est fatigué des médias

[…] On en arrive même à une rupture de crédibilité, […] Ce n’est pas en votant pour une ingérence de l’État, qui lui-même inspire la méfiance chez de nombreux citoyens, que les médias vont renouer avec leur public et en conquérir un nouveau.

La lutte contre les fake news, brandie comme argument par les partisans du OUI, ne peut pas se résoudre dans les colonnes d’un journal. Il faut régler le problème à la source, comprendre que c’est la conséquence de cette perte de confiance qui pousse les gens à chercher d’autres canaux d’information. […]

article complet: https://www.letemps.ch/opinions/journalistes-doiventils-memes-opinions

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Comité interpartis NON aux médias contrôlés

Conférence de presse du Comité romand du 13 janvier 2022
Comité romand NON aux médias contrôlés, Case postale 6724, 1002 Lausanne
https://medias-train-de-mesures-non.ch – [email protected]
– Seule la version orale fait foi
NON aux médias contrôlés, OUI à la diversité de la presse par Lena Ebener, journaliste et conseillère en communication, vice-présidente du Comité romand NON au train de mesures en faveur des médias

Nous vivons une époque où la multiplication des canaux de communication a brouillé les messages, et dans laquelle la frontière entre le journalisme et le communicant s’est érodée. Le journaliste informe, il se base sur des faits vérifiés selon plusieurs sources concordantes, il n’hésite pas à confronter aussi
les contradictions, il ne s’arrête pas à ses propres biais, il ne donne pas son avis.
Le porte-parole, le responsable marketing, le publicitaire, le cinéaste, tous peuvent parfois informer, ils peuvent dénoncer, influencer, ils disent leur vérité, que ce soit celle qui répond aux besoins de l’employeur, à son propre système de valeurs, pour faire vendre… On ne lui demande pas d’être objectif, on sait qu’il ne le sera pas.
C’est pourquoi il est primordial que les médias demeurent libres afin de rester crédible.
Malheureusement des exemples existent en Suisse. Notamment le récent « cas Ringier », où son CEO Marc Walder, a incité les rédactions de son groupe à soutenir les mesures gouvernementales. Ce qu’on attend d’un journaliste, c’est qu’il puisse remettre en question les déclarations du gouvernement si
nécessaire, qu’il puisse aller chercher l’information, qu’il soit soutenu par son éditeur, qu’il soit autorisé de publier son sujet même si la vérité dérange.
Regardons ce qui se passe dans le monde agricole. Les agriculteurs sont propriétaires des terrains qu’ils exploitent. Néanmoins, ils se retrouvent soumis à tout un tas de règles à respecter afin de percevoir les aides de l’Etat. Ils sont maîtres de leur domaine, pourtant ils doivent consacrer un certain
pourcentage de leur terrain à la favorisation d’un biotope. Je pourrais mentionner d’autres exemples dans ce domaine, car cela a commencé il y a 60 ans. C’est venu progressivement, mais c’est seulement avec le recul qu’on s’en rend véritablement compte. Tous les 4-5 ans on en rediscute, on rajoute des
consignes, on se retrouve avec un enchevêtrement de lois qui conduisent à la situation actuelle.
Comment garantir que dans 7 ans, lorsqu’on se rendra compte qu’il est devenu impossible de se passer de l’aide financière de l’État, on ne glissera pas vers un durcissement des conditions pour l’obtenir. La Confédération envisage de ratifier le pacte de l’ONU sur les migrations qui concerne notamment les
médias. Son objectif 17 exige que les professionnels de la branche soient sensibilisés aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques, sans quoi ils n’auront plus droit à des aides. Et demain ce sera quoi ?
Plusieurs études démontrent que l’indice de confiance de la population pour les médias est faible.
C’est un constat qui m’attriste et qui me révolte. A mes yeux, le projet de loi proposé au peuple dans un mois risque même d’aggraver la situation sur le plan de la confiance que la population accorde aux médias. Si je suis convaincue que les gens soutiendront toujours la liberté de la presse et l’indépendance des journalistes, je suis tout autant convaincue qu’ils se méfieront toujours des médias contrôlés.
La presse doit être libre de toute dépendance subventionnée pour jouer son rôle de contre-pouvoir, cela revêt une importance capitale pour la démocratie.

source: https://medias-train-de-mesures-non.ch/wp-content/uploads/2022/01/Expose%CC%81_Lena_Ebener.pdf